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Le voyage chamanique
ArticlesMythologie

Le voyage chamanique

Publié le 25 décembre 202314 min de lecture

Introduction

Le voyage chamanique constitue le cœur de la pratique spirituelle turcique. Cette expérience extatique permettait au chaman de traverser les frontières entre les mondes pour communiquer avec les esprits, guérir les malades et accompagner les âmes des défunts.

La préparation au voyage

Avant d'entreprendre son voyage, le chaman se préparait par le jeûne et la purification. Il revêtait son costume rituel, chargé de symboles cosmiques : plumes d'aigle pour s'élever vers le ciel, os et griffes pour descendre dans le monde souterrain.

Le tambour, instrument essentiel, était considéré comme le "cheval" qui portait le chaman entre les mondes.

L'entrée en transe

Par le rythme du tambour, le chant et parfois l'usage de plantes, le chaman entrait en transe. Son âme quittait alors son corps pour voyager dans les autres dimensions. Les assistants veillaient sur son corps inerte pendant l'absence de son esprit.

Le voyage vers le Monde Supérieur

Pour atteindre le ciel de Tengri et d'Ülgen, le chaman devait gravir l'Arbre Cosmique ou escalader une montagne céleste. À chaque niveau, il rencontrait des esprits gardiens qu'il devait apaiser ou convaincre.

Le voyage céleste visait souvent à obtenir des bénédictions divines, demander la fertilité ou escorter l'âme d'un défunt vertueux.

La descente dans le Monde Inférieur

Le voyage vers le royaume d'Erlik était plus périlleux. Le chaman devait traverser des obstacles terrifiants : rivières de sang, gardiens monstrueux, portes de fer. Cette descente visait à récupérer une âme volée par les démons ou à négocier avec Erlik.

Le retour et la restitution

Après avoir accompli sa mission, le chaman devait retrouver le chemin du retour. Son réveil s'accompagnait souvent d'épuisement physique intense. Il rapportait alors les messages des esprits et accomplissait les guérisons promises.

L'héritage du voyage chamanique

Cette pratique a profondément influencé la spiritualité turco-mongole. Des éléments en survivent dans certaines pratiques soufies d'Asie centrale, où la musique et la danse induisent des états modifiés de conscience.

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Sources

  • Mircea Eliade, "Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase", Payot, 1951
  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
  • Jean-Paul Roux, "La religion des Turcs et des Mongols", Payot, 1984
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