Introduction
La cosmologie turcique offre une vision structurée de l'univers, organisée autour de trois mondes superposés et interconnectés. Cette conception, partagée par les peuples turco-mongols, forme le fondement de leur spiritualité et de leurs pratiques chamaniques.
Les trois mondes
L'univers turcique se divise verticalement en trois royaumes distincts, chacun habité par des êtres spécifiques et gouverné par des forces particulières.
Le monde céleste (Üst Dünya) est le domaine de Tengri, le dieu suprême du ciel, et des esprits bienveillants. C'est un lieu de lumière pure, divisé en plusieurs niveaux ou "cieux" (généralement sept ou neuf selon les traditions). Ülgen et les divinités célestes y résident.
Le monde terrestre (Orta Dünya) est le royaume des humains, des animaux et des esprits de la nature. C'est l'espace de l'équilibre, où les forces célestes et souterraines se rencontrent et interagissent.
Le monde souterrain (Alt Dünya) est le domaine d'Erlik Khan, seigneur des morts et des esprits malveillants. C'est un lieu de ténèbres où descendent les âmes après la mort.
L'axe cosmique
Ces trois mondes sont reliés par un axe cosmique, généralement représenté par l'Arbre de Vie (Hayat Ağacı). Cet arbre gigantesque plonge ses racines dans le monde souterrain et élève ses branches jusqu'au ciel, permettant la communication entre les différents niveaux de l'existence.
Les chamans utilisent symboliquement cet axe lors de leurs voyages spirituels, grimpant vers le ciel pour consulter les esprits célestes ou descendant aux enfers pour négocier avec Erlik.
Les directions cardinales
La cosmologie turcique accorde également une importance particulière aux quatre directions cardinales, chacune associée à des couleurs et des significations symboliques. L'est, direction du soleil levant, est particulièrement sacré et associé à la couleur bleue du ciel.
Héritage et continuité
Cette vision cosmologique a profondément influencé l'art, l'architecture et les rituels des peuples turcs. Elle persiste aujourd'hui dans de nombreuses traditions populaires et connaît un renouveau d'intérêt avec le mouvement néo-tengriste.


