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Rituels funéraires des anciens Turcs
ArticlesMythologie

Rituels funéraires des anciens Turcs

Publié le 3 janvier 202414 min de lecture

Introduction

Les rituels funéraires des anciens peuples turcs révèlent leur conception de la mort et de l'au-delà. Ces pratiques complexes visaient à assurer le passage du défunt vers le monde des esprits et à maintenir l'harmonie entre les vivants et les morts.

La préparation du corps

Le défunt était préparé avec grand soin. Le corps était lavé et revêtu de ses plus beaux habits. Pour les personnages importants, des vêtements funéraires spéciaux étaient confectionnés, souvent ornés de symboles protecteurs.

Les yeux du défunt étaient fermés et la bouche parfois obturée pour empêcher les mauvais esprits d'entrer dans le corps.

Les offrandes funéraires

Les Turcs anciens croyaient que le défunt aurait besoin de ses possessions dans l'autre monde. Des chevaux, des armes, des bijoux et de la nourriture accompagnaient le corps. Pour les khagans, des sacrifices de chevaux et parfois de serviteurs étaient pratiqués.

Ces offrandes variaient selon le statut social du défunt. Un guerrier emportait ses armes et son cheval, tandis qu'une femme était accompagnée de ses bijoux et ustensiles domestiques.

Les kourganes

Les tombes turciques prenaient souvent la forme de kourganes, des tumuli de terre et de pierres. Ces structures pouvaient atteindre des dimensions impressionnantes pour les personnages de haut rang.

À l'intérieur, une chambre funéraire était aménagée, souvent orientée selon des principes cosmologiques. L'entrée regardait généralement vers l'est, direction du soleil levant.

Les balbal

Une pratique distinctive était l'érection de balbal, des stèles de pierre alignées près de la tombe. Ces pierres représentaient les ennemis vaincus par le défunt au combat. Plus un guerrier avait été valeureux, plus nombreux étaient ses balbal.

Certaines stèles comportaient des représentations humaines sculptées, montrant le défunt lui-même avec ses attributs de pouvoir.

Les cérémonies

Le deuil durait plusieurs jours et comportait des lamentations rituelles. Les proches se scarifiaient le visage et coupaient leurs cheveux en signe de douleur. Des chants funèbres étaient entonnés, rappelant les exploits du défunt.

Un festin funéraire (yuğ) rassemblait la communauté. Des courses de chevaux et des compétitions pouvaient être organisées en l'honneur du défunt.

Le voyage vers l'au-delà

Les Turcs croyaient que l'âme du défunt devait traverser un périple difficile pour atteindre le monde souterrain d'Erlik ou le ciel de Tengri. Le chaman jouait un rôle crucial pour guider l'âme dans ce voyage.

Des rituels étaient accomplis régulièrement après l'enterrement pour aider l'âme et l'empêcher de revenir troubler les vivants.

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Sources

  • Jean-Paul Roux, "La mort chez les peuples altaïques anciens et médiévaux", Adrien-Maisonneuve, 1963
  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
  • Thomas T. Allsen, "Commodity and Exchange in the Mongol Empire", Cambridge, 1997
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