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Le Kam : Rôle du chaman turc
ArticlesMythologie

Le Kam : Rôle du chaman turc

Publié le 22 décembre 202313 min de lecture

Introduction

Le kam (ou qam, baksı) était le spécialiste religieux des sociétés turciques anciennes. Intermédiaire entre les humains et les esprits, il jouait un rôle central dans la vie spirituelle, médicale et sociale de sa communauté.

L'appel et l'initiation

On ne choisissait pas de devenir kam : on était choisi par les esprits. L'appel se manifestait souvent par une "maladie chamanique" - visions, comportements étranges, évanouissements répétés. Cette crise initiatique était interprétée comme un démembrement symbolique par les esprits.

Après sa guérison, le futur kam était formé par un maître qui lui transmettait les techniques de transe, la connaissance des esprits et les chants sacrés.

Les fonctions du kam

Le kam remplissait de multiples fonctions :

**Guérisseur** : Il diagnostiquait les maladies d'origine spirituelle et les soignait en négociant avec les esprits responsables ou en récupérant l'âme du patient.

**Psychopompe** : Il accompagnait les âmes des défunts vers l'au-delà et les empêchait d'errer parmi les vivants.

**Devin** : Il prédisait l'avenir, retrouvait les objets perdus et identifiait les voleurs.

**Protecteur** : Il protégeait la communauté contre les esprits malveillants et les catastrophes naturelles.

Le costume et les instruments

Le costume du kam était chargé de symbolisme cosmique. Les miroirs métalliques renvoyaient les mauvais esprits. Les rubans représentaient les serpents spirituels. Les clochettes et les os faisaient fuir les démons.

Le tambour (tüngür) était l'instrument principal. Sa peau représentait le monde, son cadre l'univers, et son battement le galop du cheval-esprit.

La place sociale du kam

Le kam occupait une position ambiguë : respecté pour ses pouvoirs mais craint pour ses liens avec les esprits dangereux. Il vivait souvent à la périphérie du campement. Son rôle était héréditaire dans certaines lignées.

L'héritage contemporain

Le chamanisme turc a survécu en Sibérie, au Kazakhstan et dans certaines régions d'Asie centrale. Des kam continuent de pratiquer, mélangeant parfois traditions ancestrales et éléments modernes.

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Sources

  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
  • Mircea Eliade, "Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase", Payot, 1951
  • Jean-Paul Roux, "La religion des Turcs et des Mongols", Payot, 1984
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