Aller au contenu principal
Instruments sacrés du chamanisme turc
ArticlesMythologie

Instruments sacrés du chamanisme turc

Publié le 20 décembre 202311 min de lecture

Introduction

Les instruments du chaman turc n'étaient pas de simples objets rituels mais des entités vivantes, chargées de pouvoir spirituel. Chaque élément de l'arsenal chamanique portait une signification cosmique et permettait la communication avec les esprits.

Le tambour (Tüngür)

Le tambour était l'instrument par excellence du chaman. Sa fabrication suivait des règles strictes : l'arbre dont provenait le bois devait être frappé par la foudre, signe de l'élection divine.

La peau, généralement de cheval ou de renne, était décorée de symboles cosmiques : le soleil, la lune, les étoiles, l'Arbre du Monde. Le manche représentait l'axe cosmique reliant les trois mondes.

Appelé "cheval" par le chaman, le tambour le transportait lors de ses voyages extatiques.

La baguette (Orba)

La baguette servait à frapper le tambour mais possédait aussi ses propres pouvoirs. Recouverte de fourrure, elle symbolisait l'esprit-guide du chaman. Certaines baguettes comportaient des têtes sculptées représentant des esprits protecteurs.

Le kopuz

Cet instrument à cordes accompagnait les chants chamaniques. Sa musique apaisait les esprits et facilitait la transe. Le kopuz était considéré comme sacré et transmis de génération en génération.

Le miroir (Küzüngü)

Les miroirs métalliques servaient à la divination et à la protection. Ils permettaient de voir les esprits invisibles et de renvoyer les attaques magiques. Portés sur la poitrine, ils protégeaient les organes vitaux.

Les clochettes et grelots

Attachés au costume ou au tambour, ils créaient une musique qui chassait les mauvais esprits et appelait les esprits auxiliaires. Leur tintement marquait les étapes du voyage chamanique.

Le bâton chamanique

Symbole d'autorité, le bâton servait de support lors des danses rituelles et de conduit pour l'énergie spirituelle. Souvent orné de rubans et de clochettes, il était parfois utilisé comme "cheval" alternatif au tambour.

L'héritage contemporain

Ces instruments continuent d'être utilisés par les chamans modernes d'Asie centrale et de Sibérie. Leur fabrication traditionnelle fait l'objet d'un renouveau d'intérêt.

Publicité

Sources

  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
  • Laurence Delaby, "Chamanes et chamanisme", Albin Michel, 2012
  • Jean-Paul Roux, "La religion des Turcs et des Mongols", Payot, 1984
Partager