Aller au contenu principal
Les esprits de la nature : Yer-Su
ArticlesMythologie

Les esprits de la nature : Yer-Su

Publié le 18 décembre 202312 min de lecture

Introduction

Dans la spiritualité turcique ancienne, la nature était peuplée d'innombrables esprits appelés collectivement Yer-Su (Terre-Eau). Ces entités habitaient les montagnes, les rivières, les sources et les forêts, formant un réseau sacré avec lequel les humains devaient maintenir des relations harmonieuses.

Le concept de Yer-Su

Yer-Su désigne littéralement "Terre-Eau" et englobe tous les esprits de la nature. Contrairement à Tengri qui réside dans le ciel éternel, les Yer-Su sont intimement liés aux lieux géographiques spécifiques.

Ces esprits étaient considérés comme des forces intermédiaires entre les humains et les grandes divinités.

Les esprits des montagnes

Chaque montagne possédait son esprit gardien. Les plus hauts sommets, comme l'Altaï ou le Khan Tengri, étaient considérés comme particulièrement puissants. On leur adressait des prières avant de les traverser et on leur offrait des sacrifices.

Ces esprits protégeaient les chasseurs et les voyageurs qui les respectaient, mais punissaient ceux qui les offensaient.

Les esprits des eaux

Les rivières, les lacs et les sources abritaient des esprits aquatiques. Le lac Baïkal, le lac Issyk-Koul et les grands fleuves d'Asie centrale étaient vénérés pour leurs esprits puissants.

On ne devait jamais souiller les eaux sacrées ni y jeter de déchets. Des offrandes de lait ou de nourriture étaient versées dans l'eau pour honorer ces esprits.

Les esprits des forêts

La forêt sacrée d'Ötüken était le lieu de résidence des esprits les plus vénérés. Les arbres anciens étaient considérés comme des demeures spirituelles. On attachait des rubans à leurs branches en signe de respect.

Le culte des Yer-Su

Les Turcs anciens pratiquaient des rituels réguliers pour honorer les Yer-Su. Ces cérémonies comprenaient des sacrifices de chevaux ou de moutons, des libations et des prières. Les chamans servaient d'intermédiaires.

La continuité contemporaine

Ces croyances survivent chez les peuples turcs de Sibérie et d'Asie centrale. Les obo (cairns de pierres) sur les cols de montagne et les rubans sur les arbres sacrés témoignent de la persistance de ces traditions.

Publicité

Sources

  • Jean-Paul Roux, "La religion des Turcs et des Mongols", Payot, 1984
  • Bahaeddin Ögel, "Türk Mitolojisi", Türk Tarih Kurumu, 1971
  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
Partager