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Le culte des ancêtres chez les Turcs
ArticlesMythologie

Le culte des ancêtres chez les Turcs

Publié le 2 janvier 202412 min de lecture

Introduction

Le culte des ancêtres occupait une place centrale dans la spiritualité des anciens Turcs. Cette vénération des défunts assurait la continuité entre les générations et maintenait les liens entre le monde des vivants et celui des esprits.

Les fondements du culte

Les Turcs croyaient que les esprits des ancêtres continuaient à veiller sur leurs descendants. Ces esprits pouvaient apporter protection et prospérité, mais aussi malheur si on les négligeait ou les offensait.

Chaque famille entretenait un lien particulier avec ses ancêtres, transmis de génération en génération par la lignée paternelle.

Les rituels domestiques

Dans chaque yourte, un espace était réservé aux esprits ancestraux. Des offrandes de nourriture et de boisson étaient régulièrement déposées. Avant chaque repas important, une portion était offerte aux ancêtres.

Le feu du foyer, symbole de la continuité familiale, était particulièrement sacré. On ne devait jamais l'éteindre complètement ni le profaner par des actions impures.

Les ancêtres totémiques

Au-delà des ancêtres humains, les Turcs vénéraient également des ancêtres totémiques. La louve Asena, ancêtre mythique des Göktürks, recevait un culte particulier. Chaque clan pouvait avoir son propre animal totémique.

Ces ancêtres animaux étaient considérés comme les fondateurs de la lignée et bénéficiaient d'une protection spéciale.

Les fêtes commémoratives

Des cérémonies régulières honoraient les ancêtres. Le yuğ, festin funéraire, était répété à intervalles fixes après un décès. Des sacrifices de chevaux et de moutons accompagnaient ces célébrations.

Ces fêtes renforçaient les liens claniques et rappelaient l'histoire commune du groupe.

Le rôle des ancêtres dans la légitimité

Les khagans et chefs de clan tiraient leur légitimité de leur lignée ancestrale. Pouvoir retracer sa généalogie jusqu'à un ancêtre prestigieux était essentiel pour exercer le pouvoir.

Les inscriptions de l'Orkhon commencent toujours par rappeler la généalogie du khagan, établissant ainsi son droit à régner.

Continuité et transformation

Avec l'islamisation, le culte des ancêtres s'est transformé mais n'a pas disparu. La visite des tombes, les prières pour les défunts et le respect des aînés perpétuent cet héritage sous de nouvelles formes.

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Sources

  • Jean-Paul Roux, "La religion des Turcs et des Mongols", Payot, 1984
  • Abdülkadir İnan, "Tarihte ve Bugün Şamanizm", Türk Tarih Kurumu, 1954
  • Mircea Eliade, "Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase", Payot, 1951
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