
Tuğ
Le Tuğ est l'étendard sacré des dirigeants turcs, composé d'une hampe surmontée de queues de cheval ou de yak, symbole suprême du pouvoir et de la légitimité royale.
Le nombre de queues de cheval sur le tuğ indiquait le rang du porteur : les khagans en avaient neuf (le nombre le plus sacré), les khans subordonnés en avaient moins. Posséder un tuğ était un privilège accordé uniquement par le souverain suprême, et sa perte au combat était un déshonneur majeur.
Le tuğ avait une dimension spirituelle profonde. On croyait qu'il était habité par l'esprit de l'ancêtre du clan et protégé par Tengri. Avant les batailles, des rituels étaient pratiqués autour du tuğ pour invoquer la protection divine et la victoire.
Cette tradition s'est perpétuée dans l'Empire ottoman, où le tuğ (en turc ottoman) marquait le début des campagnes militaires. Le Sultan envoyait ses tuğs devant l'armée, et leur nombre indiquait l'importance de l'expédition. Le tuğ ottoman était composé de queues de cheval attachées à un globe doré.
Étymologie
Du proto-turc *tuγ, signifiant "étendard, bannière". Le terme est présent dans toutes les langues turciques et a été emprunté par le mongol.